Forgive Me Father 2
Plate-forme : Nintendo Switch - PlayStation 5
Date de sortie : 06 Mars 2026
Résumé | Test Complet | Images | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
FPS
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Plongez dans un cauchemar tordu et lovecraftien avec ce FPS old-school au style audacieux de bande dessinée.

Le repentir est un labyrinthe, non un chemin.

Il y a quelque chose de fascinant à voir un jeu qui s'empare de l'univers de Lovecraft, le secoue comme un cocktail Molotov et y ajoute un FPS old-school, une esthétique de BD pulp et une bonne dose de délire. Forgive Me Father 2, développé par Byte Barrel, est précisément cela : une suite qui ne se contente pas d'une simple réplique, mais revient en force avec plus de sang, plus de chaos et plus de questions existentielles. L'histoire commence avec le Prêtre, protagoniste du premier chapitre, qui se réveille dans un asile psychiatrique, accusé d'avoir exterminé une ville entière. Un réveil pour le moins perturbant. Commence alors un périple à la fois mental et physique, au milieu de souvenirs déformés , de visions cauchemardesques et de boss tout droit sortis d'un manuel de psychiatrie. Chaque niveau est une confession, chaque ennemi un traumatisme, chaque choix un dilemme moral. Le jeu propose une narration à embranchements, avec des lettres à collectionner et des choix qui influencent la fin. Pari réussi ? Oui, mais seulement si l’on sait lire entre les lignes. N’attendez pas de cinématiques hollywoodiennes ni de dialogues mémorables : ici, le message est véhiculé par le sang, le silence et des regards hantés. Et au final, il est parfaitement cohérent avec le thème. Ce qui est intéressant, c'est que la frontière entre le réel et l'imaginaire reste floue. L'asile pourrait être un lieu physique, un symbole, ou les deux. Les boss ne sont pas de simples ennemis : ils incarnent la culpabilité, la colère et le déni . Au fil de l'aventure du Prêtre, le joueur se demande s'il cherche véritablement la rédemption… ou simplement une manière plus originale de justifier le carnage.

Le cœur de Forgive Me Father 2, c'est son gameplay. Et heureusement, il bat la chamade. Les armes sont nombreuses, brutales et jouissives. Le système de démembrement est un régal pour ceux qui aiment voir leurs ennemis exploser en morceaux bien définis. Mais la véritable nouveauté réside dans l'esprit « bullet hell » : il ne suffit pas de tirer, il faut danser entre les balles, esquiver les attaques, gérer l'arène comme s'il s'agissait d'une chorégraphie infernale . La conception des niveaux renforce cette frénésie grâce à des environnements oscillant entre claustrophobie et immensité, pièges et raccourcis. Chaque rencontre met à l'épreuve les réflexes et les nerfs. L'absence de multijoueur n'est pas un problème : la campagne est conçue pour être vécue en solo, la manette vibrant comme un cœur qui s'emballe. La courbe de difficulté est impitoyable, mais juste. Les premiers niveaux donnent l'impression de maîtriser la situation, puis les boss débarquent et vous rappellent que le chaos est le véritable protagoniste. Des capacités à débloquer vous permettent de personnaliser votre style de jeu : vous pouvez devenir un tank capable d'encaisser tous les coups ou un assassin intouchable. Dans les deux cas, la précision est de rigueur. Et les nerfs d'acier. Car ici, la moindre erreur se paie cash : une mort spectaculaire et une réapparition qui vous nargue.

Une réalisation qui du style.

Visuellement, le jeu est une expérience psychédélique. Le style roman graphique est poussé à l'extrême, avec des couleurs saturées, des traits marqués et des créatures qui semblent avoir été dessinées par un illustrateur sous l'influence de la caféine et de cauchemars. Chaque niveau est un tableau inquiétant, chaque ennemi une œuvre d'art macabre. Le design des boss est mémorable, et même le protagoniste dégage un certain charisme, sans même prononcer un mot. La palette de couleurs est criarde, mais dans le bon sens du terme : elle vous tient en haleine, vous met mal à l'aise, vous donne l'impression d'être plongé dans une bande dessinée qui aurait pris vie et décidé de vous en vouloir. L'audio est une des meilleures surprises. La bande-son alterne des moments de pur metal avec des silences plus angoissants que n'importe quel cri. Les effets sonores sont soignés, les armes sonnent juste et les ennemis émettent des bruits qui donnent envie de vérifier si on a bien fermé la porte à clé. L'absence de doublage se fait cruellement sentir. Les monologues écrits fonctionnent, mais une voix aurait donné plus de profondeur au prêtre et à ses tourments. Cela dit, la conception sonore restitue parfaitement l'atmosphère, et ce avec brio.

VERDICT

-

Forgive Me Father 2 est un jeu audacieux. S'il ne parvient pas toujours à tenir toutes ses promesses, il n'en reste pas moins que, lorsqu'il y parvient, l'expérience est intense, troublante et visuellement saisissante. Ce FPS ne se contente pas de vous faire tirer dessus : il vous invite à réfléchir, à choisir et à regretter. Ou peut-être pas.

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