RuriDragon tome 2
Plate-forme : Bande Dessinée
Date de sortie : 22 Octobre 2025
Résumé | Test Complet | Actualité
Editeur :
Développeur :
Genre :
Bande dessinée
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Scénario et dessin : Masaoki Shindo

RuriDragon (Ruri Dragon) est un manga toujours en cours de parution au Japon et qui a connu quatre  tomes à ce jour aux éditions Shueisha. Ruri Aoki est une adolescente qui se réveille un jour avec des cornes sur la tête. Sa mère, avec un calme surprenant, lui révèle que son père est un dragon, et que les cornes – ainsi que d'autres pouvoirs futurs – sont donc d'origine génétique. Loin de sombrer dans le mélodrame, Ruri accepte simplement la situation, se prépare et va à l'école comme si de rien n'était… même si, bien sûr, sa vie est sur le point de changer, mais pas comme on pourrait l'imaginer. Oui, Ruri a des cornes. Oui, elle crache du feu. Mais elle a aussi des devoirs, des problèmes de sommeil et des camarades qui lui demandent s'ils peuvent lui toucher la tête. L'humour naît du quotidien, des petits tracas, d'une absurdité subtile et du surréel traité comme une chose normale. Ses camarades de classe s'intéressent à ses cornes, bien sûr, mais ils le font avec une curiosité sincère, sans malice, ce qui fait de cette histoire une perle rare dans le genre shônen : ici, il n'y a ni harcèlement ni drame forcé, mais une communauté qui, avec ses excentricités, accepte la protagoniste telle qu'elle est.

Après le succès de son premier tome, RuriDragon revient avec un second volume confirmant que l'œuvre de Masaoki Shindo n'a pas besoin de batailles épiques ni de rebondissements dramatiques pour captiver le lecteur. Mêlant tranches de vie, humour et une subtile toile de fond fantastique, ce manga continue d'explorer l'existence de Ruri Aoki, une adolescente mi-dragon qui, loin de devenir une héroïne légendaire, tente simplement de survivre au lycée, aux attentes de la société et à ses propres bouleversements intérieurs.  Dans le premier tome, nous avons découvert ses cornes et sa capacité à cracher du feu ; celui-ci nous présente une autre facette de sa nature draconique : l’électricité. Dans une scène à la fois comique et troublante, Ruri se met à décharger de l’énergie involontairement, semant la confusion à l’école comme à la maison. Sa mère, avec son calme pragmatique habituel, explique que certains dragons peuvent emmagasiner de l’électricité et la libérer en cas de stress. L’anecdote du père de Ruri invoquant la foudre lors d’une dispute ajoute une touche surréaliste, mais souligne aussi que de nombreux secrets restent encore à percer concernant l’héritage draconique de l’héroïne. Au-delà du surnaturel, ce qui est intéressant, c'est la manière dont Shindo intègre ces pouvoirs dans un contexte quotidien. Au lieu de séances d'entraînement épiques, on suit Ruri qui, après une journée épuisante dans un centre sportif avec sa mère, se retrouve invitée à une partie de bowling avec ses camarades… où sa maladresse crève l'écran. L'auteur dépeint avec tendresse et humour les complexes typiques d'une adolescente qui, malgré son ascendance de demi-dragon, se sent incapable d'exceller dans une activité aussi simple que le sport scolaire.   L'intrigue principale de ce tome se concentre sur le festival sportif de l'école, un thème classique du manga scolaire qui sert ici de catalyseur à de nouveaux conflits. Ruri, peu enthousiaste à l'idée de participer aux compétitions sportives, tente d'y échapper, mais son professeur la convainc subtilement de rejoindre le comité d'organisation. C'est là qu'elle rencontre Maeda, une camarade de classe directe et quelque peu hostile qui lui fait comprendre d'emblée qu'elle ne l'apprécie pas. Le conflit entre les deux jeunes filles devient le cœur émotionnel du récit. À travers des tâches partagées, des disputes et des silences gênants, la relation entre Ruri et Maeda évolue peu à peu. Shindo aborde ce lien avec naturel, évitant les clichés : Maeda n'est pas une méchante, mais une jeune fille qui juge trop vite et qui, peu à peu, découvre que Ruri n'est pas celle qu'elle imaginait. La tension entre elles permet également de révéler une nouvelle facette de Ruri : plus fragile, mais aussi plus ouverte au dialogue.

Si Maeda occupe le devant de la scène, d'autres personnages ont également leur moment de gloire. Yuka, toujours protectrice, prend la défense de Ruri lorsqu'elle entend des commentaires négatifs, démontrant ainsi que l'amitié sincère est un moteur essentiel de cette histoire. Parallèlement, la mère de Ruri demeure une présence attachante : avec des remarques légères et un pragmatisme presque comique, elle rappelle constamment à tous que, même si sa fille est mi-dragon, elle reste avant tout une adolescente qui doit gérer ses devoirs, les fêtes et les difficultés à s'intégrer.  Un détail qui enrichit l'univers de la série est la mention des neuf traits draconiques . Jusqu'à présent, Ruri n'en a révélé que trois : le feu, la guérison et l'électricité. Savoir qu'il en reste six à dévoiler ajoute à l'impatience de découvrir cette série qui, malgré son ton léger, recèle un immense potentiel d'exploration pour les volumes à venir. Graphiquement, Shindo conserve le style frais et expressif du premier tome. La netteté de son trait, la gestuelle expressive de ses personnages et l'équilibre entre le surnaturel et le quotidien restent ses plus grands atouts. L'humour visuel, fondé sur les expressions faciales et les silences comiques, fonctionne à merveille dans des scènes comme celle du bowling ou les interactions maladroites avec Maeda. Sur le plan narratif, le deuxième tome est plus long que le premier, privilégiant un rythme plus posé. Certains lecteurs pourraient trouver l'intrigue avec Maeda un peu longue, mais ce rythme délibéré reflète la nature même de l'œuvre : elle ne vise pas les rebondissements spectaculaires, mais plutôt à montrer comment les relations adolescentes se construisent –  ou se défont – à travers de petits moments. Ce deuxième tome n'a peut-être pas le même impact que le premier, mais il conserve la chaleur, l'humour et le charme de Ruri. Avec la promesse de nouveaux pouvoirs à découvrir et de relations qui continuent d'évoluer, la série a tout le potentiel pour se développer dans les prochains volumes.

VERDICT

-

Le tome 2 de RuriDragon confirme que la série ne prétend pas être un shonen axé sur les combats ni une épopée fantastique. Son ambition est bien plus intimiste : dépeindre le quotidien d’une jeune fille qui, malgré les décharges électriques et les cornes sur sa tête, continue de se poser les mêmes questions que tous les adolescents : comment s’intégrer, comment se faire des amis, comment gérer sa maladresse et comment vivre avec sa différence.

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